Copywriting

Écriture inclusive : règles, exemples et ce qu’en disent les autorités

Marion Lemoine29 octobre 20264 min
Équipe mixte réunie au bureau

L’écriture inclusive regroupe plusieurs procédés pour que la langue désigne aussi bien les femmes que les hommes : féminiser les noms de métiers, employer les deux formes (« les candidates et les candidats »), préférer des mots neutres (« le personnel » plutôt que « les employés ») et, de façon plus discutée, utiliser le point médian (« les salarié·es »). Ces procédés n’ont pas le même statut : les premiers sont largement admis, le point médian est déconseillé dans les textes officiels français.

Les quatre procédés de l’écriture inclusive

1. Féminiser les noms de métiers et de fonctions

C’est le procédé le plus consensuel. Depuis 2019, l’Académie française admet la féminisation des noms de métiers : une autrice ou une auteure, une professeure, une cheffe d’entreprise, une ingénieure. L’usage s’est largement installé dans la presse et les entreprises.

2. Les doublets

On mentionne les deux genres en toutes lettres : « les lectrices et les lecteurs », « chacune et chacun ». C’est clair et lisible, mais allonge le texte : à réserver aux moments clés, comme une adresse au public.

3. Les termes épicènes et englobants

Ce sont les mots qui désignent tout le monde sans marque de genre :

Au lieu de On peut écrire
les employés le personnel, les équipes
les étudiants la communauté étudiante, les élèves
les clients la clientèle
les droits de l’homme les droits humains
les directeurs la direction
chaque utilisateur chaque personne

C’est le procédé le plus discret : le texte reste fluide, et la plupart des lecteurs ne remarquent même pas le choix.

4. Le point médian

Le point médian (·) contracte les deux formes dans un seul mot : « les salarié·es », « tou·tes ». C’est la forme la plus visible et la plus débattue. On la trouve dans certaines associations, universités et entreprises, mais elle est déconseillée dans les textes officiels.

Ce que disent les autorités

  • Une circulaire du Premier ministre de novembre 2017 demande de ne pas utiliser l’écriture dite inclusive avec le point médian dans les textes destinés au Journal officiel, tout en recommandant la féminisation des titres et fonctions.
  • Une circulaire de l’Éducation nationale de mai 2021 proscrit le point médian dans l’enseignement, mais encourage la féminisation des métiers et les doublets.
  • L’Académie française s’est prononcée à plusieurs reprises contre le point médian, tout en ayant accepté la féminisation des noms de métiers en 2019.

Autrement dit, la féminisation et les formulations neutres sont admises partout ; le point médian, non.

Le point médian et l’accessibilité

Un argument pratique pèse dans le débat : les lecteurs d’écran utilisés par les personnes malvoyantes lisent mal les mots contenant un point médian. « Étudiant·es » peut être lu de manière hachée ou incompréhensible. Le point médian complique aussi la lecture pour les personnes dyslexiques. Pour un contenu web qui veut être accessible, les formulations neutres sont une meilleure solution.

L’accord de proximité

Autre procédé parfois associé à l’écriture inclusive : accorder l’adjectif avec le nom le plus proche, plutôt que de faire primer le masculin. « Les hommes et les femmes sont belles » au lieu de « beaux ». Cet usage existait en ancien français, mais il reste minoritaire et sera perçu comme une faute par une partie des lecteurs.

Quelle pratique pour un texte professionnel ?

Pour un site d’entreprise, un blog ou une newsletter, une approche pragmatique fonctionne bien :

  1. Féminisez les noms de métiers quand vous parlez d’une personne précise.
  2. Préférez les termes englobants (« l’équipe », « la clientèle ») : inclusifs et parfaitement lisibles.
  3. Utilisez les doublets avec modération, dans les formules d’adresse.
  4. Évitez le point médian dans les contenus destinés au grand public, sauf si votre marque en a fait un choix assumé et cohérent.
  5. Fixez la règle dans votre charte éditoriale, pour que tous les rédacteurs appliquent la même pratique.

Le principal défaut à éviter reste l’incohérence : un même texte qui mélange point médian, doublets et masculin générique donne une impression de négligence, quelle que soit l’option choisie.

Plume de Saumon
Confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.