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Schéma de la communication : éléments, modèles et application

Marion Lemoine28 octobre 20264 min
Deux personnes en conversation

Le schéma de la communication décrit comment un message passe d’un émetteur à un récepteur. Dans sa forme la plus connue, il compte six éléments : un émetteur, un message, un code, un canal, un récepteur et un contexte, auxquels on ajoute le bruit, qui perturbe la transmission, et la rétroaction, la réponse du récepteur. Trois modèles l’ont façonné : celui de Shannon et Weaver, celui de Jakobson et celui de Lasswell.

Les éléments du schéma

Élément Définition Exemple : une newsletter d’entreprise
Émetteur Celui qui envoie le message L’entreprise
Message Le contenu transmis L’annonce d’une nouvelle offre
Code Le système de signes partagé La langue française, les visuels
Canal Le support de transmission L’e-mail
Récepteur Celui qui reçoit Les abonnés
Contexte La situation, le sujet dont on parle La période des fêtes
Bruit Tout ce qui perturbe la transmission Le filtre anti-spam, une boîte de réception saturée
Rétroaction La réaction du récepteur Un clic, une réponse, une désinscription

Le modèle de Shannon et Weaver

Publié en 1949, ce modèle vient des télécommunications. Il décrit une chaîne technique : une source produit un message, un émetteur le code en signal, le signal passe par un canal, un récepteur le décode et il arrive à destination. Son apport principal est la notion de bruit : tout ce qui déforme le signal en chemin.

Sa limite est d’être linéaire : la communication y va dans un seul sens. La notion de rétroaction, ou feedback, a été ajoutée ensuite pour rendre compte de l’échange.

Le modèle de Jakobson et les six fonctions du langage

Le linguiste Roman Jakobson reprend ces éléments au début des années 1960 et associe à chacun une fonction du langage. C’est le schéma le plus enseigné en France :

  • Fonction expressive (centrée sur l’émetteur) : exprimer une émotion, un point de vue. « Nous sommes fiers de vous présenter… »
  • Fonction conative (centrée sur le récepteur) : agir sur lui, le faire réagir. « Réservez votre place. »
  • Fonction référentielle (centrée sur le contexte) : informer sur le monde. « L’offre est valable jusqu’au 31 décembre. »
  • Fonction phatique (centrée sur le canal) : établir ou maintenir le contact. « Allô ? », « Vous êtes toujours là ? »
  • Fonction métalinguistique (centrée sur le code) : expliquer les mots employés. « Par B2B, on entend la vente entre entreprises. »
  • Fonction poétique (centrée sur le message) : travailler la forme pour elle-même, le rythme, les sonorités. C’est la fonction des slogans.

Un même texte mobilise souvent plusieurs fonctions. Un bon texte publicitaire combine par exemple la fonction conative (faire agir), référentielle (informer) et poétique (marquer les esprits).

Le modèle de Lasswell : les « 5 W »

Le politologue Harold Lasswell résume en 1948 la communication de masse par cinq questions : qui dit quoi, par quel canal, à qui, avec quel effet ? Ce modèle, très utilisé en communication et en marketing, a l’intérêt d’introduire la question de l’effet produit, donc de la mesure.

Appliquer le schéma à votre communication

Ces modèles théoriques deviennent une grille très pratique pour préparer n’importe quel contenu :

  • Émetteur : au nom de qui parle-t-on, avec quelle légitimité ?
  • Récepteur : qui lit, que sait-il déjà, qu’attend-il ?
  • Message : quelle idée unique doit-il retenir ?
  • Code : quel vocabulaire comprend-il ? Le jargon est le premier bruit de la communication professionnelle.
  • Canal : où sera-t-il réceptif ? E-mail, réseau social, courrier, rendez-vous.
  • Bruit : qu’est-ce qui peut empêcher le message de passer ? Saturation, mauvais moment, ton inadapté.
  • Rétroaction : quelle réaction attend-on, et comment la mesurer ?

C’est d’ailleurs la logique d’un brief client bien construit : chaque rubrique correspond à un élément du schéma.

Les limites du schéma

Le schéma classique présente la communication comme une transmission d’information. Les recherches plus récentes insistent sur ce qu’il laisse de côté : le récepteur interprète activement le message selon sa culture et ses attentes, la relation entre les interlocuteurs compte autant que le contenu, et sur les réseaux sociaux, chaque récepteur devient à son tour émetteur. Le schéma reste un excellent point de départ, pas une description complète.

Plume de Saumon
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