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15/06/2020
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Rédaction de contenu : 5 clés pour gagner en clarté

« Arf, ce n’est pas clair ! » Voilà ce que je me dis parfois en consultant des textes de sites web, des livres blancs ou des articles de blog. Et franchement, c’est dommage! Lorsqu’un lecteur ne comprend pas ou doit faire un effort pour imaginer ce que l’auteur a voulu dire, c’est une perte de temps pour tout le monde. Vous sentez la culpabilité poindre ? Vous vous dites que vous n’êtes pas au clair sur la notion de clarté ? Voici 5 clés pour améliorer vos prochains écrits (détendez-vous,  la première consiste à déculpabiliser).

rédaction-claire

1-  Ayez conscience du challenge !

Ce qu’il y a de pervers avec la clarté, c’est que cela semble simple. En effet, lorsque vous trouvez un texte clair, c’est parce que vous le trouvez compréhensible, fluide et agréable à lire. Vous avez donc un sentiment de simplicité à la lecture, mais cela ne veut pas pour autant dire que le travail a été simple pour l’auteur ! En réalité, le fait d’être clair lorsqu’on s’exprime constitue un défi dans toute forme de communication, orale comme écrite. Par essence, « faire passer » un message de notre cerveau à celui d’un tiers n’est jamais simple.

Pour la petite histoire…

Si cela peut vous rassurer, voici une petite histoire plutôt représentative du problème. Dans le cadre d’une étude réalisée dans les années 90, une psychologue, Elizabeth Newton, a demandé à un groupe de participants (dénommés « batteurs ») de battre le rythme de chansons célèbres (comme l’hymne national ou Joyeux anniversaire). Elle a par ailleurs constitué un second groupe d' »auditeurs », censés retrouver l’air joué par les batteurs. Bilan : les auditeurs n’ont reconnu que 3 chansons sur 120, alors que les batteurs estimaient leur taux de réussite à…50% !

Tout est dit !

Le décalage entre ce qu’on pense transmettre aux autres et ce qu’on transmet rééllement peut être énorme.  Contrairement à ce que vous pensez peut-être, être clair et compris n’a donc rien de « facile » et de simple.
Conclusion : si vous avez plutôt confiance en vous, c’est bien, mais méfiez-vous quand même, notamment de ce qu’on appelle la malédiction du savoir. Et à l’inverse, si vous doutez de vos capacités rédactionnelles, détendez-vous : vous n’êtes pas nul.le et la clarté, ça se travaille ! En résumé, avoir conscience de la difficulté, c’est déjà un premier pas pour l’accepter, la prendre en compte et la surmonter.

2- Respectez la règle du « 1 »

Un texte qui manque de clarté, c’est souvent un texte « fouillis », dans lequel « tout part dans tous les sens ».Quel que soit votre contenu (une page web, un article, un livre blanc, un post sur Linkedin…), ayez en tête le chiffre 1.

UN seul objectif

Pourquoi rédigez-vous ? Inciter le lecteur à vous contacter ? Faire en sorte qu’il s’inscrive à un webinaire ? Ou qu’il achète directement votre produit ?
Il n’y a pas de bonne réponse, mais ne vous éparpillez-pas. Si vous proposez trop de choix à l’internaute, il restera paralysé, en ne comprenant pas. Proposez-lui de réaliser UNE action, en l’exprimant de façon franche et directe (« Contactez-nous », « Prenez RDV pour une démo », « Inscrivez-vous à notre newsletter »). Vous le guiderez ainsi de ce parcours. La poursuite d’un objectif unique vous aidera aussi grandement à savoir quoi dire et dans quel ordre.

UNE  idée par contenu, par partie, par paragraphe

SIvoulez être compris, il faut proposer UN message qui va droit au but, en éliminant tout ce qui peut perdre ou parasiter le lecteur. Cela signifie que vous devez développer UN sujet, UNE idée principale dans un contenu. Bien sûr, vous pouvez développer d’autres idées dans le corps du texte, mais il doit s’agir de « sous-idées », qui permettent d’étayer ou illustrer le propos principal.

UN niveau de langage

Vous connaissez plein de mots techniques et pointus, propres à votre expertise ? Tant mieux pour vous, mais le problème, c’est que si les personnes auxquelles vous vous adressez ne les connaissent pas, vous risquez de les embrouiller. Mettez-vous 5 minutes à leur place ! Evaluez le niveau de langage qu’elles peuvent comprendre sans efforts et adoptez-le, sans vous égarer dans d’autres registres en termes de vocabulaire.

3- Sructurez votre texte

La structure d’un texte, ça vaut pour le fond et la forme, les deux étant liés (le fond guide la forme). En principe, si vous avez bien travaillé le point n° 2, vous avez une idée principale et des sous-idées. Tout cela constitue un plan, sous réserve que vous mettiez bien les choses au bon endroit.
Par exemple, si vous développez deux idées dans un article, ces deux idées doivent grosso modo présenter la même « force » : la deuxième idée ne doit pas illustrer la première (sinon, il faut la placer dans la première partie qui présente la première idée).

Rappelez-vous toujours que votre texte doit suivre un raisonnement, une logique, et vos différentes « parties » constituer des tiroirs. Si votre texte est correctement structuré, votre lecteur identifiera immédiatement le discours (l’idée principale) et les sous-idées que vous développez pour le soutenir. Ces « grandes lignes » doivent être énoncées de façon visible, à la fois sur le fond, mais aussi sur la forme.

Concrètement, cela signifie :

  • Qu’il faut soigner vos titres : le lecteur doit saisir immédiatement ce qu’il va trouver en poursuivant sa lecture
  • Qu’il faut présenter vos idées « en entonnoir » : partez de l’idée la plus générale, en l’exprimant de la façon la plus directe possible, puis entrez dans le détail en expliquant, illustrant.

4- Trouvez des astuces pour aider à la compréhension

Parfois, les idées sont complexes à présenter, avec le risque, quoi qu’on fasse, que le message ne passe pas. Dans ce cas, ne restez pas à tout prix sur l’idée d’expliquer les choses de façon littérale.

Ce que vous pouvez faire pour faciliter rendre le discours plus clair :

  • Proposer un schéma : cela peut être utile par exemple pour illustrer les liens entre plusieurs notions abstraites
  • Proposer une infographie : le procédé est très souvent utilisé pour récapituler un discours, en faisant apparaître visuellement les étapes d’un processus, ou les éléments de comparaison entre deux produits par exemple
  • Donner un exemple ou une illustration pratique, pour permettre au lecteur de saisir ce que vous décrivez, mais aussi de le mémoriser (c’est par exemple ce que j’ai fait en vous parlant de cette étude sur les batteurs, les auditeurs les airs connus).

5- Adoptez un style fluide

Un texte clair, c’est un texte qui se lit d’une traite, sans difficultés. Mais qu’est-ce qui rend un texte « difficile » ? En vrac, citons :

  • Le jargon, déjà évoqué
  • Les phrases trop longues
  • Les phrases alambiquées (on peine à retrouver les repères sujet/verbe/complément)
  • Les enchaînements de phrases sans rapport apparent

Pour régler les problèmes évoqués dans cette liste non exhaustive, il existe des solutions très simples :

  • Demander à un « profane » s’il comprend ce que vous racontez, et supprimer les termes sur lesquels il « bloque »
  • Utiliser les moyens existants que j’évoquais dans un précédent article sur « comment raccourcir un texte » (suppression des adverbes, voix active plutôt que voix passive, choix du mot juste notamment)
  • Adopter un mode de construction de vos phrases à la fois simple et efficace : la rédaction professionnelle, ce n’est pas de la littérature, donc oubliez les figures de style trop complexes (et souvent, d’ailleurs, mal maîtrisées)
  • Travailler vos enchainements en piochant dans la liste des mots qui permettent de comprendre le lien entre les idées que vous développez (« en effet », « car », « mais », « cependant » etc.)

 

C’est plus clair maintenant ?

Je l’espère ! Si ce n’est pas le cas, contactez-moi, on tâchera ensemble de rendre votre discours clair comme de l’eau de roche (si, si…je vous assure qu’on finit toujours par y arriver).

Photo : unsplash/Norwood Themes